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prédication Culte de la Réformation

Matthieu 13 verset 13

dimanche 31 octobre 2010

Le dimanche 31 octobre 2010 les Eglises Luthéro-Réformées de la Réunion se sont retrouvés dans les locaus de l’Eglise Protestante de la Réunion

Le thême choisi par la pastorale pour cette rencontre inter-Eglises est "La fraternité comme levain de nos réformes" Le pasteur Charles Bossert a apporté le message du jour que vous trouverez ci-joint

Je me souviens comme si c’était hier, j’étais un enfant dans mon petit village alsacien ! Ma mère préparait dans son vieux pétrin en bois le pain deux fois par mois c’était toujours le vendredi soir pour que le samedi la pate soit levé et qu’on puisse faire le pain pour la famille pour presque toute la semaine. Souvent je devais acheter chez le boulanger un petit paquet de levure qui allait faire son travail… Jésus a toujours utilisé les éléments de la vie courante pour donner vie aux paraboles qu’il racontait à ses disciples ! Il observait la vie et utilisait ce que chacun connaissait pour y introduire son enseignement, c’est bien le cas, ici, dans cette toute petite parabole dont nous avons probablement tous entendu parler.

Le levain est constitué par une culture de levure et de bactéries lactiques se développant dans un mélange de farine et d’eau. C’est une substance vivante, délicate, sensible à l’environnement extérieur et dont la recette, venue d’Égypte via une belle histoire, a dans les 4000 ans... , une personne aurait oublié sa pâte de céréale sans la cuire, et celle-ci, sous l’effet de la fermentation, se serait mise à gonfler, créant ainsi le premier pain levé. Le levain fut pendant longtemps la seule manière de faire lever le pain. Selon les versions le levain aurait été également découvert par les babyloniens ou par les hébreux. Ce n’est pas par hasard que l’on trouve dans le récit de l’Exode, la nuit de Pessach de la Pâques cet épisode instructif autour du pain sans levain

Pour bien comprendre une parabole biblique, il faut garder en vue 3 principes de base 1) Il faut connaitre les pratiques des gens de l’époque 2) Il faut chercher le sens principal de l’histoire ce n’est pas une allégorie qui veut tout expliquer 3) Il y a souvent une anomalie à trouver qui permet d’avoir la clé de l’explication

1) la ménagère et son pain A l’époque c’est la ménagère qui utilise du levain pour faire lever son pain. Et si vous lui posiez la question, à elle, elle vous dira tout simplement : “Le levain, c’est excellent. Mélangé à la farine, il fait monter la pâte, ça va donner un beau pain volumineux, croustillant. Le levain dans la pâte, c’est génial ; sans lui, on se casserait les dents sur une croûte dure et presque immangeable.” Nous pouvons donc tirer de cette parabole un sens simple et actuel : Il y a d’abord la farine, du blé broyé qui n’a plus de vie - image du monde sans Dieu, sans dimension spirituelle et tout plat. Et ensuite le levain, c’est-à-dire de la farine, qui était morte également mais qui a repris vie du fait de sa fermentation. Cette fermentation, qui se produit dans le levain, provoquée par des microbes, l’est dans la vie du monde par l’énergie du saint Esprit à travers les chrétiens qui sont porteurs de ce royaume, porteur du levain spirituel.

2) Comment devenir un beau pain bien levé comme celui-ci ?

Examinée dans son contexte cette parabole a sans doute le même sens que les autres que nous avons lu tout à l’heure : La petite masse du levain ne l’empêche pas de faire lever toute la pate ! De même le royaume inauguré dans la faiblesse par le Christ et continué par les siens fera un jour monter toute la pate de l’humanité Le levain déclenche un processus chimique qui va faire grossir la pâte. Quand ce n’est plus moi qui vit mais quand c’est Christ qui vit en moi, son Esprit déclenche en moi un processus spirituel qui va me faire grandir. L’épître de Pierre parle de nous former, de nous affermir, de nous fortifier et de nous rendre inébranlable. La pate à laquelle je participe lève, quand Jésus habite dans ma vie, dans mon Eglise et lorsque je lui donne le droit de la transformer Ensuite nous sommes invités à devenir à notre tour du levain dans notre Eglise et dans la société dans laquelle nous sommes amenés à vivre Pour aller plus loin il est nécessaire que nous trouvions l’anomalie qui est présente dans la parabole ! Je discerne deux pistes

4) Deux anomalie le levain était considéré comme corrupteur ! En grec, l’expression vient d’un verbe qui signifie fermenter. Elle a très souvent un sens péjoratif et désigne en particulier les fausses doctrines il était souvent dans l’Écriture la figure du mal. On fait mention du levain des pharisiens, du pain sans levain etc. Certains commentaires de ce texte vont utiliser cet élément pour interpréter cette parabole de façon très défaitiste et moralisatrice « comme le verre est dans la pâte le mal va peu à peu lever et risque de l’emporter si nous ne sommes pas vigilants ! » Une interprétation diamétralement opposée à celle dont nous avons parlé plus haut ! Mais si cette fermentation entraine en réalité toute la pâte vers une forme de pourriture Alors nous pouvons y voir un message très encourageant ! En effet, cette idée reçue et qui veut faire des chrétiens des êtres parfaits, purs et sans défauts nous le savons qu’elle est en contradiction avec nos réalités et surtout avec l’enseignement sur la grâce développé de façon fondamentale chez Paul ! Dieu utilise le levain, cette matière considérée comme pourrie assimilés à de la fermentation et néfaste ! Dieu veut donc nous utiliser malgré nos imperfections même ! Les autres paraboles et particulièrement celle de l’ivraie que nous avons entendu tout à l’heure nous permettent de comprendre ce qui se passe ici ! Tout comme il est impossible dans ce monde ci de vouloir arracher les mauvaises herbes il est impossible de comprendre exactement les mécanismes qui font que le levain fait lever la pate ! Il faut les laisser ensemble et laisser le Christ faire le tri à sa manière le moment venu ! Cette explication est très encourageante n’en déplaise à tous les moralisateurs qui aiment exclure, trier, purifier …. Ne passons pas notre temps à vouloir nous purifier ou à purifier nos Eglises respectives ! Le résultat est souvent plus grave que le mal : Regardons nous qui jugeons si vite les autres au point de nous séparer de nous quitter avec les prétextes les plus beaux et regardons le témoignage que nous rendons à la société celui d’un éclatement intolérable pour des futilités alors que le Christ nous appelle à être levain, ferment dans la pâte de la société ! L’Eglise n’a pas le rôle de trier les gens entre les bons et les méchants, les bons chrétiens et ceux qui ne mériteraient pas ce titre ! Aucun chrétien ne devrait se permettre d’exclure qui que ce soit de la table de la st cène que nous aurons le privilège de partager tout à l’heure. Il ne s’agit pas de nier le mal qui est bien présent aussi chez nous, et la cure d’âme et l’accompagnement spirituel sont très utiles ! Mais nous sommes si rapides à prendre la place de Dieu ! Nous n’avons pas le droit de juger quelle Eglise est digne et laquelle ne le serait pas regardons d’abord la poutre dans notre œil avant de vouloir enlever la paille dans l’œil de l’autre ! Cette parabole nous le rappelle Notre rôle consiste à annoncer l’Evangile pour faire lever toute la pâte ! Ici il s’agit de laisser le levain dans la farine et par un mystérieux procédé le tout va lever et donner du pain, du bon pain à manger et à partager ! Et cela nous ne pourrons le faire que tous ensemble c’est pour cette raison que le rassemblement d’aujourd’hui est si important ! Prendre conscience que l’Evangile est plus vaste que notre façon spécifique à chacun de le dire ! Et c’est dans le mélange que le levain devient efficace ; dans une même Eglise il faut mélanger les catégories sociales, raciales, des sensibilités religieuses…Si chacun reste dans son coin comment voulez vous qu’il y ai suffisamment de stimulant pour nous faire grandir ? Nous resterons ce que nous sommes et fièrement nous mourront dans nos traditions et nos certitudes et pendant ce temps la pâte lève mais peut être à coté de nous ce serait dommage ! Cela nous amène à la deuxième anomalie dans l’histoire ce sont le proportions de farine et de levain que Jésus utilise dans son récit

Il y aune autre anomalie dans l’histoire ! « La femme a pris le levain et l’a enfoui dans trois mesures de farine…. » Il est dit aussi que ce levain fut mélangé (Littéralement cachée !) dans trois mesures de farine. C’est ainsi que les disciples du Christ doivent être présents partout dans le monde. La mesure est une unité employé dans la Bible qui équivaut à 11,7 l, et trois mesure donc à 35 l c’est-à-dire un epha. C’était donc une grande quantité de farine ? plus de 100litres c’est disproportionné par rapport à la petite quantité de levain. Pourtant pour la faire lever il ne faut que peu de levain, une seule cuillère suffit. Le temps et la chaleur font le reste, sans oublier l’eau. Du temps, il nous en faut toujours afin d’avancer dans la vie spirituelle, afin de faire quelque chose de bien. Sans la chaleur de l’amour fraternel et de la rencontre toute humaine, la pâte ne peut lever, et rien de bon ne se fera dans nos vie. L’Evangile agit secrètement, de lui-même, en vertu de la puissance divine qui lui est inhérente, Il est une semence incorruptible (1 Pierre 1:23), il est puissance de Dieu pour le salut des croyants (Romains 1:16.17). C’est Dieu qui, par sa Parole, agit, appelle, convertit, sanctifie et sauve par la foi en Christ. Le rôle du levain dépasse, et de loin ce qu’il pourrait représenter ou être par lui-même ! Comme le semeur semait partout, dans les champs, sur les chemins et dans les ronces il s’agit là d’une image de la richesse démesurée du don de Dieu ! Le but de notre action en Eglise ne sera donc pas d’être en compétition les uns avec les autres mais d’être participant à ce travail caché et mystérieux qui consiste à faire vivre la parole de notre Seigneur pour que le royaume de Dieu arrive ! Le levain est caché ! Pas de gloriole, pour personne, pas de super pasteur ni de président qui aurait un quelconque pouvoir sur les autres Nous ne sommes pas appelles à briller dans ce monde ! Notre importance réside dans le fait que nous disparaissions comme le levain dans la pâte et que celle-ci va donner du bon pain exactement comme le Christ nous l’a montré « Si le grain ne meurt … » Cette image est lourde de signification : Nous seront ainsi embarqués ensemble dans le même travail pour faire avancer le royaume de Dieu ! Et la tâche est énorme ! la très grande quantité de farine fait contraste avec le petit peu de levain, nous n’avons pas le temps de nous regarder le nombril nous avons une mission disparaître et faire lever la pâte !

Chacun de nous est la pâte. Sans levain, sans Jésus dans nos vies, sans le Saint Esprit dans nos cœurs, nous resterons aussi plats, secs, bourratifs ou étouffe-bougres qu’un pain sans levain. Montrer le pain non levé Il a la pâte, il a la surface, mais il n’y pas le volume ! Comme nous dans notre vie spirituelle. Sans Jésus, nous avons la surface mais pas le volume. Comme le « pain sans levain » utilisé encore aujourd’hui lors de la fête de Pâques juive

A quoi sert ce pain que nous sommes ? Cela sert à en nourrir d’autres ! "Je coupe quelques tranches et vais les donner à quelques personnes... Ce que j’ai reçu, je vous le partage.”Le pain que je suis, que nous sommes tous, a “levé” pour que nous puissions redonner à d’autres ce que nous avons reçu et les nourrir. Comme de nombreuses personnes grandissent en même temps, nous pouvons nous nourrir et nous bénir les uns-les-autres. Nous referons ce geste tout à l’heure à La Sainte Cène Nous témoignerons ainsi du sens de cette parabole du Royaume : Nous recevons puis nous donnons plus loin. Ce Royaume fait de nous des récepteurs de l’amour de Dieu puis des distributeurs de cet amour autour de nous. Voilà le sens de ce levain qui fait lever et grossir le pain. Mais ensuite ce pain doit être partagé ! Laissez un pain dans votre placard et vous verrez qu’il sera tjs beau mais tout Sec inutilisable ! Parce qu’il n’a pas atteint son objectif final, celui d’être coupé en tranches et de nourrir autrui. Ce pain c’est le chrétien consommateur, qui fait du tourisme inter églises, qui va grappiller ici et là, qui reçoit sans cesse mais qui ne s’engage pas. Il s’agit de faire deux choses en même temps, voilà le secret qui permet de ne pas devenir du pain sec. On reçoit... on redonne... On reçoit... on redonne... On reçoit... on bénit... Un processus qui va sans cesse dans les deux sens : recevoir puis partager la bénédiction reçue. Laisser germer, pousser lever la pâte et le pain. Oui nous sommes tous invités à devenir levain pas besoin d’être des gens exceptionnel nous sommes appelles à nous mélanger dans le levain et dans la pâte ! Oui les parties sont mal proportionnées mais avec la puissance du Christ il suffit d’un peu de levain pour faire lever toute la pâte ! AMEN

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Pasteur Bossert

Mots-clés : Réformation

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