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année 2014/2015

Dernier ajout : 14 mai 2015.

LES PARABOLES DANS LA BIBLE

Qu’est-ce qu’une parabole ? "Jésus parlait souvent en paraboles, mais qu’est-ce qu’une parabole, et qu’est-ce que cela peut permettre de comprendre » La parabole est un récit énigmatique surprenant, qui fascine les croyants et les poètes de tous les temps. Chaque religion en possède un certain nombre ; les paraboles rabbiniques et celles des évangiles sont les plus connues. On retrouve principalement ces petites histoires imagées sur les lèvres des sages et des maîtres, lors d’un enseignement, ou plus sûrement encore lors d’une explication réponse à la question difficile d’un disciple ou d’un interlocuteur, qui demande conseil ou qui lance une controverse. Dans un premier temps, la parabole répond effectivement à une question ; dans un second temps, elle renvoie celui qui interroge à lui même. Autre qu’un simple discours, la parabole est un "liant" dans un dialogue entre deux parties ; une sorte d’espace qui accueille une question pour la renvoyer, modifiée, à celui qui la pose.

Psaume 78:1-2 - "Mon peuple, écoute mes instructions ! Prête l’oreille aux paroles de ma bouche ! J’ouvre la bouche pour parler en paraboles, j’annonce la sagesse du passé."

Matthieu 13:10-15 - "Les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »

Jésus leur répondit : « Parce qu’il vous a été donné, à vous, de connaître les mystères du royaume des cieux, mais qu’à eux cela n’a pas été donné. En effet, on donnera à celui qui a et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on enlèvera même ce qu’il a. C’est pourquoi je leur parle en paraboles, parce qu’en voyant ils ne voient pas et qu’en entendant ils n’entendent pas et ne comprennent pas. Pour eux s’accomplit cette prophétie d’Esaïe : Vous aurez beau entendre, vous ne comprendrez pas, vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. En effet, le cœur de ce peuple est devenu insensible ; ils se sont bouché les oreilles et ils ont fermé les yeux de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent et que je ne les guérisse."

POUR COMPRENDRE LES PARABOLES Nous avons à notre disposition quatre clefs pour ouvrir les portes de la compréhension. 1ère clef - Dans son commentaire : "Les paraboles de Jésus aujourd’hui", Alphonse Maillot la place dans notre main, elle est essentielle. Voici ce qu’il écrit : ″Quand vous lisez une parabole, dites-vous : qu’est-ce qui me choque, et surtout qu’est ce qui devait choquer les auditeurs du Christ ? Qu’est-ce qui n’est pas normal, habituel ?″ Jésus utilise souvent ce que j’appellerai "des éléments de décalage". En voici quelques exemples : toute cette semence qui se perd sur le chemin, dans les ronces, ou que les oiseaux viennent manger, on dirait qu’il y en a bien peu qui va donner du fruit ; ou encore pourquoi mettre sa maison sans dessus-dessous pour retrouver une seule pièce de monnaie ? C’est beaucoup d’efforts pour pas grand chose semble-t-il. Pourquoi verser un salaire égal à tous les ouvriers, alors que certains ont travaillé bien plus que d’autres ? Pourquoi tant d’invités refusent-ils de venir participer à une noce ? Pourquoi mettre en danger un troupeau de brebis d’une grande valeur et risquer de le perdre pour aller chercher un seul animal qui s’est égaré ? Quelle dureté chez ce nouveau marié qui va punir très sévèrement les cinq jeunes filles qui n’avaient pas prévu que la noce arriverait si tard : après tout, était-ce leur faute, si les mariés s’étaient tellement attardés ? Pourquoi voudrait-on faire passer un chameau par le trou d’une aiguille ? Comment expliquer que le pharisien, qui est juste aux yeux de l’auditoire, soit condamné au profit d’un publicain qui, de notoriété publique, est un homme malhonnête ? Comment expliquer qu’un Samaritain, ce citoyen de deuxième zone, soit le seul à s’arrêter pour secourir un juif laissé pour mort sur le bord de la route ? Ce sont là autant d’éléments qui choquent et qui surprennent l’auditeur, parce qu’ils échappent à ce qui est normal et parfois à toute logique par leur extravagance. En fait, ces "éléments de décalage" sont là pour piquer notre curiosité, ce sont eux qui affûtent notre réflexion et nous introduisent dans les réalités spirituelles dont Jésus voudrait que nous prenions possession. Le fait qu’un Samaritain soit présenté comme un modèle d’humanité à un public juif, n’est pas une chose acceptable pour les auditeurs de Jésus à l’époque. Mais qu’un père oriental, et donc par définition réservé et toujours maître de ses émotions, courre à la rencontre d’un enfant qui lui a fait tant de mal est étonnant, mais qu’en plus, il lui fasse un accueil fastueux, c’est inconcevable : c’est une société qui vacille, qui est remise en cause. Mais c’est justement à cause de ça que nous sommes interpellés et que nous allons "sortir" d’une simple histoire racontée pour partir à la découverte de ces richesses spirituelles contenues dans les paraboles.

2ème clef - Jésus utilise un tableau de la vie quotidienne ou tiré de la nature, pour parler de vérités spirituelles et très souvent de la réalité du Royaume de Dieu. Ces vérités, ces réalités, n’ont quasiment rien à voir avec les sociétés humaines, avec le monde terrestre. Pour comprendre la parabole, il faut donc sortir des schémas de la vie sociale que nous connaissons, ou encore forcer nos yeux à s’élever au-delà de ce qui est visible et évident pour entrer dans la réalité du plan de Dieu pour voir ce que le Seigneur veut que nous voyons.

3ème clef - Les paraboles de Jésus sont "ouvertes", elles sont construites de manière à pousser l’auditeur (ou le lecteur) à donner une réponse personnelle, par rapport aux personnages ou aux situations décrites. Ce que le Seigneur a voulu, c’est également que nous devenions nous-mêmes "acteurs" de l’histoire. Ce faisant, sans vraiment que nous nous en rendions compte, c’est face à Jésus lui-même que nous sommes appelés à prendre position et à donner une réponse à la question posée, ou à la réalité décrite, dans la parabole. L’exemple le plus évident est celui de la parabole dite du "bon samaritain" (Luc 10:25-35), où Jésus va amener un docteur de la loi de Moïse, un grand spécialiste, à donner non seulement les réponses aux questions qu’il pose pour coincer Jésus, mais à la fin de l’histoire, à se voir obligé de tirer des conclusions qu’il ne s’attendait certainement pas à entendre … de sa propre bouche.

4ème clef - Pour bien lire une parabole, il faut avoir foi en Jésus-Christ, ou vouloir le connaître. La parabole est une rencontre avec Jésus. Il est la Parole de Dieu, en Lui sont toutes les sources de la vie éternelle et les paraboles sont : "paroles de vie". Par elle, le Christ fait tomber nos préjugés, parfois même il va bousculer nos convictions. Lire les paraboles, c’est être prêt à laisser Dieu nous parler au travers d’elles et donc nous transformer. Si vous avez toujours ces quatre clefs avec vous, alors vous pourrez progresser dans la compréhension de la parabole que vous souhaitez étudier. Mais à ces quatre clefs, j’en rajoute encore une cinquième que j’ai découverte, à l’autre bout du monde, au Brésil, après un cours donné sur une des paraboles en répondant à des questions qui m’ont été posées par des étudiants en théologie.

5ème clef – Si votre lecture et votre étude d’une parabole, vous conduisent dans une impasse, c’est-à-dire que votre réflexion est bloquée et que vous ne pouvez arriver à aucune conclusion qui vous permette de prolonger votre réflexion, alors il faut vous interroger. La parole de Dieu ne nous conduit jamais face à un mur. Elle nous ouvre toujours un chemin pour nourrir notre foi, pour nous faire progresser dans la connaissance et surtout pour aller plus loin, toujours plus loin. Si la lecture d’une parabole vous mène dans une impasse, alors demandez-vous si votre interprétation est bonne ou si vous n’avez pas manqué un élément qui vous permette de continuer. Si vous n’y arrivez pas, si dans les commentaires que vous utilisez peut-être, vous n’avez aucun élément qui ouvre une autre porte, alors ça signifie qu’il y a la possibilité d’une autre route à chercher … et c’est peut-être celle-ci qu’il faut prendre. A certains égards, étudier une parabole, c’est comme visiter un labyrinthe. Parfois il n’y a qu’un seul chemin pour trouver la sortie, mais il se peut aussi qu’il y en ait un ou deux autres.


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