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Le tombeau vide, juste un trou ?

CULTE de PAQUES à la SOURCE Dimanche 8 avril 2018 à 10h

mercredi 4 avril 2018

Culte de Pâques Pasteur Charles Bossert

- avec la nouvelle chorale de l’EPR qui avec un style radicalement différent a su apporter une belle pierre à l’édifice
- Laurence nous a proposé une belle déco pascale (grande pierre entourée de verdure et de roses rouges) Cette base fut agrémenté au fil du temps de louange par de nombeuses fleurs multicoliores apportés par les enfants pour symboliser la vie nouvelle de la résurrection du Christ
- Le tout avec un bel orchestre : orgue, guitare, basse, flute.... MERCI à tous les participants.....

JEAN 20, 1 à 18 Quel est votre rapport au vide ? Avez-vous peur du vide ? Souvent, lorsqu’il nous arrive de penser à quelque chose de vide, notre pensée est négative : le paquet de biscuits est vide, mon portefeuille est vide, la maison est vide…. On peut aussi avoir peur du vide, peur de tomber dans le vide… Il en va tout autrement du tombeau vide du Christ, que l’Evangile de ce jour nous propose ! Le philosophe LAO-TSEU a comparé les pensées humaines à une roue de charrette ! 12 rayons qui tiennent la roue vont vers le centre et s’y retrouvent autour d’un …TROU ! Ce trou permet le passage de l’axe et donne sa raison d’être à la roue ! Edouard Thurneysen théologien allemand pousse cette image pour en faire une parabole pour la spiritualité chrétienne ! En effet au cœur de notre Foi, de nos convictions et de nos connaissances sur Dieu il doit aussi, y avoir un vide, un trou pour laisser entrer le Christ ! Nos pensées chrétiennes sur Dieu et le monde doivent avoir au centre une place pour que lui-même puisse passer et venir nous rejoindre ! Si par contre nous sommes plein de nos certitudes et d’absolues nous risquons de rater celui qui voudrait passer pour nous rejoindre. C’est ce qui a failli arriver à MARIE dans notre Evangile du jour !

Hier matin à St Pierre avec le groupe des catéchumènes nous avons cherché les récits du NT qui parlent de la résurrection ! Nous n’avons Rien trouvé ! Uniquement un tombeau vide Ce vide, une fois de plus n’est pas un hasard quand il s’agit de notre recherche de Dieu ou de notre vie avec lui ! CE VIDE OUVRE A UNE GRANDE LIBERTE … Libres de croire, ou de ne pas croire…Libre de faire de la place ou non à qui nous voulons Et avec cette liberté Dieu prend un grand risque avec nous !

Que se passe-t-il dans le récit de Jean, ? Un chassé-croisé incroyable… Une femme va au tombeau, de loin elle voit la pierre roulée, et repart en courant prévenir les apôtres de la disparition du corps du Seigneur. Eux-mêmes repartent en courant, dans l’autre sens, voir sur place Pierre, arrivé en second, entre et son regard s’arrête sur les bandelettes et le linge. L’autre disciple (« celui que Jésus aimait » précise le texte) entre alors et… « Il vit et il crut » (Jn. 20, 8). Que voit-il ? Justement, rien, ce qu’il voit c’est le TOMBEAU VIDE ! Nous sommes invités à contempler un mystère qui nous dépasse complètement et, par amour pour Dieu, à délaisser le strict champ du savoir ou de la connaissance pour celui de la Foi et de la rencontre avec notre Dieu : Mais attention, le tombeau vide n’est pas une preuve de la Résurrection du Christ : il est un signe. A nous de chercher ce qu’il SIGNIFIE ! A nous de découvrir, de trouver dans nos vies tous les signes petits ou grands que le Christ nous donne.

Malheureusement ce qui peut être considéré comme une ouverture extraordinaire pour notre liberté de choix, de vie, de Foi et d’engagement peut aussi devenir un piège. C’était le cas de Marie qui sait très exactement ce qu’elle veut lorsqu’elle arrive au tombeau : UN CORPS ! elle veut le cadavre de Jésus, pour l’embaumer ! A défaut d’un Christ vivant au moins peut-elle faire vivre ainsi le souvenir de celui qu’elle aimait. Elle n’en démord pas : « On a enlevé mon Seigneur » v 13 Ni les anges qui apparaissent, ni Jésus lui-même n’arrivent à lui ouvrir cet horizon qui semble bouché par un cadavre ? Bouché par « MON SEIGNEUR » Ce Seigneur avec qui je fais ce que je veux, à qui je fais dire ce que je veux ! un Seigneur docile et obéissant qui ne bouge pas …Et pour cause… Marie est comme toi et moi, elle a besoin de quelque chose à quoi se tenir ! un tombeau, une croix, une habitude, un livre, des rites ou des traditions … « La nature a horreur du vide » et nous aussi ! Ce corps sans vie ce cadavre du Christ paraît sécurisant mais il empêche Marie de voir le ressuscité ! La difficulté est réelle, comment ne pas s’accaparer ainsi notre Seigneur l’embaumer, le modeler et le façonner à notre image afin qu’il dise toujours ce que nous voulons entendre. Comment rester ouvert à un Dieu vivant qui ne se contente pas de nous donner quelques règles de morale sur des tables de loi antiques ainsi que des recettes de cuisine pour vivre sa foi tranquillement sans trop de dérangements installés dans nos certitudes ? Parce qu’un Seigneur vivant, un ressuscité bouge tout le temps, il continue de parler il sera toujours imprévisible :
- il n’a pas peur de se laisser crucifier avec les brigands,
- il ne se gêne pas d’être pris pour le jardinier par une de ses plus proches amis ! Il faut le trou inconfortable du tombeau vide, le trou de Pâques= pessach=passage Pour que le Christ puisse passer et nous rejoindre si nous le voulons bien ! C’est exactement ce qui s’est passé avec l’œuf de ce garçon handicapé « Jérémie » et son œuf de Pâques qui est resté vide ! pour lui ce vide est plein de sens et d’espérance ! Marie ne comprendra que lorsque Jésus lui-même va l’interpeller au v16 Et lorsqu’il l’appelle par son nom : Un mot suffira « MARIE » Voilà la différence entre le tombeau vide et le cadavre Entre le Jésus vivant qui parle et interpelle et celui de nos tombeaux qui ne nous dérangera jamais. « Va » lui dira Jésus un peu plus tard, va et reste une vivante toi aussi l’enjeu est bien là non pas s’il y a une vie après la mort mais que nous soyons des vivants dès maintenant !

Jésus lui dira encore « ne me retiens pas », ne m’emprisonne pas dans tes idées toutes faites ni dans tes rêves mais « Ecoute ce que j’ai à te dire aujourd’hui encore »

il est déjà ailleurs dans d’autres perspectives la vie suit son cours…. Dans la foulée il sait ce qu’il faut à Marie et à toi et moi Il sait à quelle vitesse nous refermons les tombeaux pour enfermer le vivant parmi les morts ! Mais Jésus, le CHRIST n’est plus enfermable, désormais il est déjà devant nous il est plus loin et il nous ouvre de nouveaux chemins à nous aussi.

AMEN

Portfolio

P.-S.

Du tombeau il est sorti, on ne sait quand, ni comment. La foi des apôtres fonde la nôtre, CHRIST EST VIVANT ! Regardez les croyants. Enfermés dans leurs tombeaux, ce ne sont pas des “vivants” : tombeau de l’indifférence, tombeau de la tristesse, tombeau de la haine, tombeau de la peur. Ne disent-ils pas souvent : Je commencerai demain, je changerai de vie, je ferai un effort, je ferai la paix, je partagerai, j’aimerai, demain. NON, PAS DEMAIN. C’est aujourd’hui que doit jaillir la vie. Oui, c’est aujourd’hui qu’il faut donner sa vie, qu’il faut sortir du tombeau. En vérité, je vous le dis : si vous redonnez la vie à l’un de ces petits, c’est Dieu qui vit, et qui agit, en vous, et… en lui ! Bernard HUBLER, in : Prier le temps. Ed. du Signe

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